EVARS à l’école : objectifs, obligations et controverses

EVARS signifie éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité. C’est le cadre national qui structure, dès la maternelle et jusqu’au lycée, des séances dédiées pour développer le respect de soi et des autres, prévenir les violences sexistes/sexuelles et donner des repères juridiques et sociaux. Le ministère a publié le programme EVARS au Bulletin officiel le 6 février 2025. Il est applicable à la rentrée scolaire 2025-2026.

À retenir : depuis la loi du 4 juillet 2001, l’école doit assurer au moins trois séances annuelles d’éducation à la sexualité — EVARS met désormais ces exigences à jour et les détaille par niveau.

Les objectifs pédagogiques du programme EVARS

  • Connaissance de soi et du corps
  • Bien-être, expression et empathie
  • Respect, égalité des filles et des garçons
  • Prévention des violences et du harcèlement
    Ces objectifs sont précisés par le ministère et déclinés par niveau (maternelle/élémentaire : EVAR ; collège/lycée : EVARS).

Qui intervient et comment ?

Les séances peuvent être organisées par les enseignants et le personnel sociaux et de santé (infirmier·es, médecins scolaires), et co-animées par des partenaires extérieurs issus d’associations agréées (national ou académique). Les interventions extérieures doivent se faire en présence d’un membre de l’équipe éducative et sous sa responsabilité pédagogique.

Le pilotage (national/ académique) et la formation du personnel sont organisés par des circulaires d’application publiées le 6 février 2025.

Point juridique : ces séances font partie des enseignements ; les établissements ne peuvent pas accepter de “décharges” parentales pour s’y soustraire.

Vidéo – Comprendre le programme EVARS de l’éducation nationale

Analyse des enjeux, des bénéficiaires et du coût du programme EVARS de l’Éducation nationale

Calendrier du programme EVARS

  • 6 février 2025 : publication du programme au BO par l’éducation nationale.
  • Rentrée 2025-2026 : entrée en vigueur dans toutes les écoles, collèges et lycées.

Controverses et décisions récentes

Le programme a suscité débat public (contenus, place des associations, formation). Le Conseil supérieur de l’éducation l’a examiné fin janvier 2025 ; des syndicats d’enseignants ont indiqué son adoption avec amendements. Par ailleurs, le Conseil d’état (27 juin 2025) a rejeté une demande de suspension déposée par des opposants.

Combien coûte le programme EVARS officiellement ?

Pas de chiffrage officiel

Ni le BO, ni les fiches Service-Public ne donnent pas de budget dédié. Des acteurs de terrain soulignent que la formation et l’organisation seront les vrais nœuds budgétaires.

Estimations par des organismes financiers

Des estimations d’organismes juridiques officiels avancent des ordres de grandeur (700 M€), notamment en incluant des interventions d’associations et des coûts de structure. Il s’agit d’évaluations externes, non validées par le ministère.

Comment raisonner pour évaluer le coût du programme EVARS ?

En l’absence de ligne budgétaire officielle, on peut raisonner en coût d’opportunité et coûts directs :

  • Coût d’opportunité : temps de classe (3 séances × 2 h par an) mobilisé par des enseignants déjà rémunérés.
  • Coûts directs : formation, coordination, supports et, selon les choix locaux, recours à des associations agréées.
    L’addition dépendra surtout de la part d’externalisation et de l’ampleur des formations. (Repères : ~6,262 M d’élèves en primaire et 5,636 M dans le secondaire à la rentrée 2024.)

En clair : la facture “cash” (prestations externes, supports, formation) peut varier fortement d’un territoire à l’autre ; la part principale demeure un coût d’organisation plutôt qu’une nouvelle masse salariale, les séances étant intégrées au temps scolaire.

Le coût annuel du programme se situe entre 500 millions et 1 milliard d’euros. Tout dépendra du volume des interventions extérieures.

Qui “bénéficie” d’EVARS ?

  • Les élèves : repères, prévention, climat scolaire plus serein (objectif affiché par le ministère).
  • La communauté éducative : un cadre national et des ressources mutualisées.
  • Associations agréées : principalement, le planning familial (association LGBT).

Conclusion

EVARS formalise un enseignement imposé par la loi depuis 2001 (3 séances/an) et entre pleinement en vigueur à la rentrée de septembre 2025. Les intervenants sont prioritairement internes (enseignants, santé scolaire) avec l’appui possible d’associations agréées, sous la responsabilité de l’établissement. L’Éducation nationale n’a pas communiqué de chiffrage officiel. Le montant avancé de 700 M€ relèvent d’estimations externes, mais est une estimation plutôt raisonnable. D’autres organismes chiffres le coût D’EVARS à plus de 1 milliard d’euros compte tenus des investissements. Le véritable enjeu budgétaire portera sur la formation, la coordination et les choix locaux d’externalisation.